Busan, Corée du Sud 30 Novembre 2011
Par Gilles Eric FOADEY
En marge du Forum de Haut Niveau sur l’Efficacité de l’Aide qui se tient à Busan, en Corée du Sud, du 27 Novembre au 1er Décembre, l’Agence du NEPAD en partenariat avec la Commission des Nations Unies pour l’Afrique(ECA) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont organisé un panel de discussions avec pour thème: ‘’Efficacité du Développement, une réalité africaine’’. Un panel ‘’prestigieux de personnes de terrains’’, selon le mot du Dr. Ibrahim Assane Secrétaire Exécutif du NEPAD. Le panel était composé des personnalités suivantes: Maxwel Mkwezalamba, Commissaire de l’Union Africaine en charge des Affaires Economiques, Mme Dede Ahoefa Ekoué, Ministre togolaise en charge de la Planification, du Développement et de l’Aménagement du Territoire, Mme Mary Jervas, Vice-Ministre des Finances du Sud Soudan, Dalmas Otieno Ministre d’Etat Kenyan en charge de la Fonction Publique, Tendai Biti Ministre Zimbabwéen des Finances, John Rwangombwa Ministre rwandais des Finances, et Alinur Du’Ale, Vice Ministre des Finances de la Somalie. Il y avait aussi Mme Frannie Léautier, Directrice de la Fondation Africaine de Renforcement des Capacités(ACBF), Michel Sidibé de l’ONU Sida et Sindiso Ngwenya Secrétaire Général de la COMESA.
Dans son propos introductif, Dr Mayaki a estimé qu’il est à présent temps pour l’Afrique de «passer de l’efficacité de l’aide à l’efficacité du développement».
Une efficacité du développement qui, de l’avis de Maxwell Mkwezalamba, Commissaire de l’UA en charge des Affaires Economiques, devrait amener l’Afrique à innover pour mobiliser ses ressources internes aux fins de financer son développement » car, poursuivra-t-il, « le rythme de développement de l’Afrique a changé pour de bon dans la mise en œuvre des réformes initiées par l’UA et pilotées par son programme du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) ».
« L’Afrique, dira-t-il, ne doit plus continuellement s’astreindre à gérer la pauvreté » mais plutôt s’assurer que pour un développement efficace, « elle doit faire du renforcement des capacités une voie obligée » et que pour ce faire, elle a « besoin du soutien des partenaires au développement pour renforcer ses capacités » et « construire des alliances pour promouvoir la coopération Sud-Sud ».
Mais comment construire des Etats efficaces sans interroger les systèmes de gouvernances, s’est demandé Tendai Biti, Ministre Zimbabween des Finances ? Il y répondra en martelant que pour que l’aide soit efficace il faudrait « un nouveau contrat social entre les gouvernants et les gouvernés » de même qu’un « nouveau contrat qui prenne en compte les intérêts bien compris des pays partenaires et des partenaires au développement ». En clair, la bonne gouvernance qui intègre la question de la responsabilité mutuelle entre les partenaires. Ce qui fera dire à Mme Dede Ahoefa Ekoué, Ministre togolaise de la Planification du Développement et de l’Aménagement du Territoire, qu’il est plus que crucial de « mettre en place des systèmes de responsabilité mutuelle visant à atteindre des résultats et couplés à un système d’information de gestion de l’aide»
L’aide, jusqu'à présent, a toujours été assujettie à des conditionnalités drastiques qui, de l’avis de tous les panelistes, devraient être revisitées à Busan. Ils ont ainsi souligné pour le déplorer sa fragmentation et ses conditionnalités qui en font un fardeau.
Selon Sindiso Ngwenya, Secrétaire Exécutif du COMESA, il est temps de trouver des approches novatrices pour contourner les conditionnalités de l’aide et mieux explorer les opportunités offertes par l’intégration régionale et la dimension de la coopération Sud-Sud.
Une Coopération Sud- Sud comme mise en exergue dans la Déclaration dite de Busan, et qui devrait établir un nouveau système de coopération à travers les mécanismes existants en les rendant plus inclusifs avec une forte appropriation des pays du Sud.
Durant le panel, l’unanimité s’est faite autour de la centralité de la question du renforcement des capacités qui doit être au cœur, sinon, le vecteur de l’efficacité du développement. Seulement, de l’avis de John Rwangombwa, Ministre rwandais des Finances, les capacités en question doivent être «renforcées en vue de produire des résultats qui sont liés aux besoins sur le terrain pour, atteindre les objectifs fixés et éradiquer la pauvreté ». Eradiquer la pauvreté et l’un de ses corollaires qu’est la pandémie du Sida en formant et ou en transférant les connaissances pour qu’à terme, par exemple, 86% des antirétroviraux produits hors du Continent se fassent sur le continent. Il est aussi également important de jauger l’efficacité du développement en termes de durabilité sociale, selon Michel Sidibé de l’ONU Sida, et pas seulement en termes de durabilité financière.
Pour une croissance inclusive durable et génératrice d’emplois, l’Afrique devrait se doter «d’institutions structurées, efficaces et autonomisées qui doivent être les instruments du changement» et ne plus tolérer, selon Dalmas Otieno, Ministre Kenyan de la Fonction Publique, que «les responsables se consacrent plus à la gestion de leur maintien au pouvoir plutôt qu’à la gestion du développement »
Mme Frannie Leautier, Directrice Exécutive de la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique a qui revenait le mot de la fin, a estimé que l’efficacité du développement est plus que complexe en ce sens qu’il lui faut des pré-requis que sont entre autres: un leadership approprié pour produire des résultats, des capacités requises pour les exécuter, l’utilisation de systèmes pays efficients, des mesures transparentes et quantifiables d’évaluation, de la connaissance et de l’innovation.
Au total, il appartient aujourd’hui aux Africaine(e)s, secteur public, secteur privé, société civile, d’agir ensemble et d’agir différemment pour que l’après Busan soit une séquence consacrée à la mise en œuvre effective de l’efficacité du développement.
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