Par Marie-Noëlle Guichi
Près de 260 délégués représentant 27 pays africains dont le Cameroun, prennent part depuis le 23 mars dernier, à la 7e réunion de la Plateforme de partenariat du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine, PDDAA, qui se déroulera jusqu’au 25 mars prochain à l’Hôtel Hilton de Yaoundé.
Mme Tumusiime Rhoda Peace, commissaire chargée de l’Économie rurale et de l’Agriculture à la Commission de l’Union africaine est convaincue que « les ressources sont indispensables pour le développement durable de l’agriculture sur le continent africain ».Elle l’a souligné hier à l’ouverture de cette rencontre, en rappelant que les gouvernements africains ont convenu depuis 2003, d’augmenter leurs investissements publics dans l’agriculture d’un montant minimal correspondant à 10 % de leurs budgets nationaux et de relever d’au moins 6 % leur productivité agricole. Si certains pays ont honoré cet engagement, observe-t-elle, beaucoup d’Etats africains tardent à le faire. Dans son budget national, le Cameroun est passé de 3% à 7% de ressources consacrées à l’agriculture, ce qui est déjà encourageant pour Mme Tumusiime. Elle pense cependant qu’il peut mieux faire, de même que d’autres pays qui tardent à atteindre les 10%, un taux qui, à son avis, constitue le minimum.
Partage des acquis
Selon Ibrahim Assane Mayaki, Directeur général de l’agence du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), la 7eréunion de la Plateforme de partenariat du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine, PDDAA qui se tient dans la capitale camerounaise a ainsi pour objectif de « faire de l’agriculture un moteur de croissance du continent ». D’où son invite aux différents gouvernements afin qu’ils mettent sur pied des politiques permettant des responsabilités mutuelles au niveau national, sous-régional et continental. Il insiste aussi sur le renforcement des capacités et la participation des acteurs non gouvernementaux, surtout le secteur privé, à l’élaboration et la mise en œuvre des plans nationaux d’investissement du PDDAA. De l’avis de M. Mayaki, « Pour venir à bout de la pauvreté en Afrique, nous devons améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et les revenus dans des économies dominées par l’agriculture ». Ce forum de Yaoundé rassemble des représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’Agence du NEPAD, des organisations de producteurs, des Communautés économiques régionales, de la communauté du développement, et des ministres africains de l’agriculture. C’est donc, indiquent les organisateurs, l’occasion d’un échange de vues entre spécialistes du secteur, d’un examen de la situation et d’un partage des acquis.
Eradiquer la faim
Volet du NEPAD, qui est l’un des programmes de l’Union africaine (UA), le PDDAA a été approuvé par la Conférence de l’UA en 2003 avec pour objectif global d’éradiquer la faim et de réduire la pauvreté grâce à l’agriculture. L’Agence du NEPAD s’appuie sur le PDDAA pour accroître la quantité et la qualité des productions alimentaires africaines, et améliorer ainsi la sécurité alimentaire des familles et la rentabilité des exportations. Sonja Palm, représentant des partenaires au développement soutient que, depuis la création du PDDAA, ceux-ci ont travaillé en étroite collaboration pour soutenir son organisation. Cet effort commun s’est traduit, dit-elle, par une harmonisation des aides des bailleurs de fonds à travers la mise sur pied d’un Fonds d’affectation spéciale multidonateurs en faveur des activités du PDDAA et des programmes d’investissement. Ce fonds, d’un montant de 20 millions de dollar américain a déjà permis d’aider 5 pays africains dont le Togo, le Rwanda, le Niger, Sierra-Leone. Le Cameroun, qui en attend certainement, a raté l’occasion de faire du plaidoyer en sa faveur, à cause de l’absence très remarquée du ministre de l’agriculture et du développement rural, Jean Nkuété, à l’ouverture officielle de cette grand-messe.
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