Une Alliance panafricaine pour promouvoir la pêche et l’aquaculture en Afrique

Submitted by admin on Mon, 12/28/2015 - 13:43

L’Afrique perd entre 2 et 5 milliards de dollars chaque année en raison de la mauvaise gestion du secteur de la pêche. Ainsi, l’Union Africaine (UA), à travers l’Agence du NEPAD  et le Bureau internationale des ressources animales (BIRA), a lancé un processus pour élaborer un cadre de politique pour la gouvernance des pêcheries sur le continent adopté le 30 avril 2014 à Addis-Abeba.  

Les acteurs de la pêche venus de tous les pays d’Afrique, mais aussi d’Angleterre et des Etats-Unis, ont participé au forum sur la pêche et l’aquaculture tenu les 26 et 27 juin à Dakar. L’objectif de cette rencontre est de permettre aux acteurs non étatiques intervenant dans la pêche et l’aquaculture en Afrique, d’apporter des contributions concrètes. « Les réformes initiées par l’Union africaine et ses bras techniques, à savoir le Bureau internationale des ressources animales (Bira) et l’Agence du NEPAD, suscitent un énorme espoir pour inscrire définitivement et durablement les secteurs halieutiques en Afrique dans une perspective nouvelle de gouvernance», a expliqué Papa Gora Ndiaye, secrétaire exécutif du Réseau sur les politiques de Pêche en Afrique de l’Ouest (Repao). Selon M. Ndiaye, ces réformes permettraient aux populations africaines de profiter durablement des énormes potentialités en ressources halieutiques dont dispose le continent. « Cette alliance est un outil qui permet de contribuer, d’une part, au renforcement et à la consolidation du dialogue entre les organisations de la société civile africaine évoluant dans les secteurs halieutiques, et d’autres part, entre la société civile et les autres acteurs à savoir les autorités publiques, organismes internationaux, entre autres», a-t-il ajouté.

L’exploitation des produits de la pêche, apporte des devises pour certaines économies nationales. Elle constitue un levier important d’impulsion à la croissance économique, mesurée par le Produit intérieur brut (Pib). C’est le constat qu’a fait Omar Ndiaye, secrétaire général du ministère de la Pêche et des Affaires maritimes. Et d’ajouter  que les performances des secteurs halieutiques sont menacées depuis plus d’une décennie par une raréfaction de la ressource, une dégradation des habitats et une pollution des eaux côtières et marines. «Cette situation demeure la conséquence de plusieurs facteurs dont la mauvaise gouvernance des pêches, l’incohérence des politiques, la pêche illégale, non réglementée et non déclarée (Inn), etc.», a estimé Omar Ndiaye. Il a aussi soutenu que la réussite des réformes politiques de pêche et d’aquaculture ne saurait être effective sans une participation réelle et dynamique des acteurs non étatiques. Et surtout des communautés de pêche et d’aquaculture artisanales, très fortement dépendantes des ressources halieutiques pour assurer leurs moyens d’existence.

Par rapport à la raréfaction des ressources halieutiques, le président de l’Association des pécheurs du Niger (Apn), Moussa Adamou Farie, a souligné que dans son pays, la pêche ne nourrit plus son homme. «La pêche ne marche plus au Niger. Les pêcheurs manquent de moyens et les poissons deviennent de plus en plus rares. On peut passer une nuit au fleuve sans rien apporter», a-t-il dit. Les acteurs de la pêche cherchent également à élaborer et à rendre public des plans d’action visant à favoriser l’engagement des organismes internationales. 

 

Source: Le Soleil